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Tout savoir sur la technique SMILE de chirurgie réfractive

Le nouveau traitement tendance qui permet de ne plus porter de lunettes ni de lentilles de contact s'appelle SMILE. Depuis quelques années, la technique SMILE de chirurgie réfractive séduit de plus en plus de patients myopes, souvent attirés par sa…

Information médicale vérifiéeDr Mehdi Batras · Casablanca
Tout savoir sur la technique SMILE de chirurgie réfractive

Le nouveau traitement tendance qui permet de ne plus porter de lunettes ni de lentilles de contact s'appelle SMILE. Depuis quelques années, la technique SMILE de chirurgie réfractive séduit de plus en plus de patients myopes, souvent attirés par sa réputation de méthode « sans volet » et peu invasive. Mais qu'est-ce que le SMILE exactement ? En quoi diffère-t-il du LASIK, la technique la plus connue ? Le SMILE convient-il à l'astigmatisme ou à l'hypermétropie ? Et quels sont ses avantages réels face au LASIK en matière de sécheresse oculaire ? Voici tout ce qu'il faut savoir avant de prendre rendez-vous.

Qu'est-ce que la technique SMILE ?

SMILE est l'acronyme de Small Incision Lenticule Extraction, que l'on peut traduire par « extraction d'un lenticule par petite incision ». Le principe de la technique SMILE est simple à comprendre : au lieu de « sculpter » la cornée sous un volet comme le font le LASIK ou la PKR, le chirurgien découpe à l'intérieur même de la cornée un minuscule disque de tissu, appelé lenticule, puis le retire par une petite incision.

Ce lenticule du SMILE a une forme calculée au micron près. En l'extrayant, on modifie la courbure de la cornée, ce qui permet la correction du défaut visuel. Toute l'opération SMILE, de la découpe du lenticule à son extraction, est réalisée avec un seul laser, le laser femtoseconde, sans laser excimer.

C'est la grande différence avec le LASIK : en LASIK, on découpe d'abord un volet cornéen d'environ 20 mm de circonférence, on le soulève, puis on traite la cornée au laser excimer avant de rabattre le volet. Avec le SMILE, pas de volet : l'incision ne mesure que 2 à 4 mm. C'est pour cela que l'on présente souvent le SMILE comme la troisième génération de chirurgie réfractive, après la PKR et le LASIK.

Comment se déroule une intervention SMILE ?

Comme le LASIK, l'intervention SMILE se fait en ambulatoire, sous simple anesthésie par gouttes. Un SMILE dure environ 10 à 15 minutes pour les deux yeux, dont moins d'une minute de laser par œil.

  1. Préparation : des gouttes anesthésiantes sont instillées et un écarteur maintient la paupière ouverte.
  2. Découpe du lenticule : le laser femtoseconde dessine le lenticule dans l'épaisseur de la cornée, ainsi qu'une petite incision d'accès. Pendant cette étape du SMILE, le patient fixe une lumière et ne ressent pas de douleur.
  3. Extraction du lenticule : le chirurgien décolle le lenticule et le retire délicatement à travers l'incision. La correction est alors réalisée.
  4. Fin de l'intervention : aucun point de suture n'est nécessaire. L'incision du SMILE cicatrise seule en quelques jours.

Après un SMILE, le patient rentre chez lui le jour même, avec un traitement par collyres et des consignes simples.

SMILE ou LASIK : quelles différences ?

Faut-il choisir le SMILE ou le LASIK ? La question revient à chaque consultation. Les deux techniques donnent d'excellents résultats visuels pour la correction de la myopie. Leurs différences tiennent surtout à la manière d'agir sur la cornée.

Le volet. Le LASIK crée un volet cornéen ; le SMILE n'en crée pas. Sans volet, le SMILE supprime le risque de déplacement de volet en cas de choc, une complication rare mais possible avec le LASIK. Le SMILE est donc souvent recommandé aux sportifs de contact, aux militaires ou aux personnes exposées aux traumatismes.

La solidité de la cornée. Comme le SMILE préserve les couches superficielles, les plus résistantes de la cornée, la cornée garde une meilleure stabilité biomécanique qu'avec le LASIK. C'est un atout pour certaines cornées un peu fines.

Les lasers. Le LASIK utilise deux lasers (femtoseconde pour le volet, excimer pour la correction). Le SMILE n'en utilise qu'un. Le LASIK reste néanmoins plus polyvalent, car il traite toutes les formes de défauts.

La récupération. Avec le LASIK, la vision est souvent excellente dès le lendemain. Avec le SMILE, elle est très bonne en 24 à 48 heures, parfois avec une légère brume les premiers jours. Après une semaine, la différence entre SMILE et LASIK disparaît généralement.

Les retouches. Si une retouche est nécessaire, elle est simple en LASIK : on soulève à nouveau le volet du LASIK pour compléter la correction. Après un SMILE, la retouche se fait le plus souvent par PKR ou par une technique de conversion. Les retouches restent rares avec ces deux techniques.

SMILE et sécheresse oculaire : un vrai avantage

La sécheresse oculaire est l'effet secondaire le plus fréquent de la chirurgie réfractive. Elle s'explique par la section des petits nerfs de la cornée, qui régulent la production de larmes. Lors d'un LASIK, la découpe du volet sectionne une grande partie de ces nerfs, d'où une sécheresse parfois marquée pendant plusieurs mois.

Avec le SMILE, l'incision étant beaucoup plus petite, un plus grand nombre de nerfs cornéens est préservé. Les études montrent une sécheresse oculaire moins fréquente et moins intense après SMILE qu'après LASIK, avec une récupération plus rapide de la sensibilité cornéenne.

Concrètement, la sécheresse après une intervention SMILE se traduit surtout par une sensation de sable ou de fatigue visuelle en fin de journée, bien soulagée par des larmes artificielles. Pour les patients qui souffraient déjà d'une sécheresse légère avec leurs lentilles, ou qui passent de longues heures sur écran, le SMILE est souvent l'option privilégiée face au LASIK.

Attention toutefois : une sécheresse oculaire sévère avant l'intervention doit être traitée et stabilisée avant toute chirurgie, qu'il s'agisse d'un SMILE ou d'un LASIK. Le bilan préopératoire mesure systématiquement la qualité du film lacrymal pour évaluer ce risque de sécheresse.

Quels défauts visuels le SMILE peut-il corriger ?

La myopie

C'est l'indication principale du SMILE. La technique permet la correction de la myopie jusqu'à environ -10 dioptries, selon l'épaisseur de la cornée. C'est sur la myopie que la technique SMILE a le plus de recul et donne ses meilleurs résultats.

L'astigmatisme

Le SMILE corrige aussi l'astigmatisme, le plus souvent lorsqu'il est associé à une myopie (on parle d'astigmatisme myopique). La correction de l'astigmatisme est possible jusqu'à environ 5 dioptries. Pour un astigmatisme important ou irrégulier, le chirurgien peut cependant préférer le LASIK, qui permet un traitement guidé plus personnalisé. Un astigmatisme lié à une cornée irrégulière, comme dans le kératocône, est une contre-indication au SMILE comme au LASIK.

Les lasers récents intègrent un système de centrage et de compensation de la rotation de l'œil, ce qui améliore la précision de la correction de l'astigmatisme en SMILE. Pour la plupart des patients myopes avec un astigmatisme modéré, les résultats du SMILE sont aujourd'hui comparables à ceux du LASIK.

L'hypermétropie

C'est la principale limite actuelle du SMILE. La correction de l'hypermétropie demande de modifier la cornée d'une manière différente : il faut la bomber au centre plutôt que l'aplatir. Le SMILE pour l'hypermétropie est encore en cours de développement et n'est pas disponible partout. Aujourd'hui, l'hypermétropie se traite donc surtout par LASIK, qui reste la technique de référence, ou par PKR selon les cas.

Une hypermétropie associée à un astigmatisme (astigmatisme hypermétropique) est elle aussi le plus souvent prise en charge par LASIK. Au-delà d'un certain degré d'hypermétropie, ou après 45 ans, d'autres solutions comme les implants peuvent être proposées. En cas d'hypermétropie, votre ophtalmologiste vous orientera donc vers la technique la plus adaptée, même si le SMILE vous attirait au départ.

La presbytie

Le SMILE ne corrige pas la presbytie, pas plus que le LASIK. Après 45 ans, des lunettes de lecture peuvent devenir nécessaires, comme après un LASIK.

Pour qui le SMILE est-il indiqué plutôt que le LASIK ?

La technique SMILE s'adresse en priorité aux profils suivants :

À l'inverse, le SMILE est moins adapté en cas d'hypermétropie, de myopie très faible (le lenticule serait trop fin pour être extrait facilement) ou de cornée trop mince. Dans ces situations, le LASIK ou la PKR restent des alternatives sûres.

Seul un bilan complet permet de choisir entre la technique SMILE et le LASIK : topographie et épaisseur de la cornée, mesure précise de la correction, évaluation de l'astigmatisme, test de sécheresse oculaire et examen du fond d'œil. Les porteurs de lentilles doivent les retirer quelques jours avant ce bilan.

Les suites après une intervention SMILE

Les suites d'un SMILE sont généralement simples, proches de celles d'un LASIK. Les premières heures, l'œil peut piquer ou larmoyer. Après le SMILE, la vision s'améliore nettement dès le lendemain, jour du premier contrôle.

Après SMILE comme après LASIK, le traitement comprend des collyres antibiotiques et anti-inflammatoires, ainsi que des larmes artificielles pour prévenir la sécheresse. Les contrôles du SMILE ont lieu à J1, puis à une semaine, un mois et trois mois.

Tableau comparatif : technique SMILE ou technique LASIK ?

Critère Technique SMILE Technique LASIK
Laser utilisé Femtoseconde seul Femtoseconde + excimer
Volet cornéen Aucun volet en SMILE Volet d'environ 20 mm en LASIK
Principe Extraction d'un lenticule Photoablation sous le volet, sans lenticule
Correction de la myopie Jusqu'à -10 D environ en SMILE Jusqu'à -10 D environ en LASIK
Correction de l'astigmatisme Jusqu'à 5 D environ Jusqu'à 6 D, traitement personnalisable
Correction de l'hypermétropie Limitée, encore en développement Technique de référence pour l'hypermétropie
Sécheresse oculaire Moins fréquente après SMILE Plus fréquente après LASIK
Récupération visuelle 24 à 48 h après SMILE Souvent dès le lendemain du LASIK
Sports de contact Possible tôt après SMILE Prudence après LASIK (volet)
Retouche Le plus souvent par PKR après SMILE Simple en LASIK, par relevé du volet

Questions fréquentes sur le SMILE

Le SMILE fait-il mal ?

Non. Pendant le SMILE, l'œil est anesthésié par des gouttes. Le patient ressent une légère pression lorsque le chirurgien extrait le lenticule, mais aucune douleur. Après un SMILE, l'inconfort est généralement plus léger qu'après une PKR et proche de celui d'un LASIK.

Que devient le lenticule après l'intervention ?

Le lenticule est un fragment de tissu cornéen transparent, de l'épaisseur de quelques dizaines de microns. Une fois extrait, le lenticule n'est pas réutilisé dans le cadre d'un SMILE classique. Son épaisseur dépend directement de la correction à réaliser : plus la myopie est forte, plus le lenticule est épais.

Les résultats du SMILE sont-ils définitifs ?

La correction obtenue par la technique SMILE est stable dans le temps, comme celle du LASIK, à condition que la myopie ou l'astigmatisme soient stabilisés avant l'intervention. En revanche, ni le SMILE ni le LASIK n'empêchent l'apparition de la presbytie avec l'âge.

Peut-on corriger l'hypermétropie par SMILE ?

Pas de façon courante à ce jour. La correction de l'hypermétropie par SMILE fait l'objet d'études, mais pour une hypermétropie, le LASIK reste la technique la plus utilisée. Le bilan permet de mesurer précisément l'hypermétropie et de proposer la technique adaptée.

SMILE ou LASIK pour un astigmatisme fort ?

Pour un astigmatisme modéré, le SMILE donne d'excellents résultats. Pour un astigmatisme fort ou irrégulier, le LASIK offre plus de possibilités de personnalisation de la correction. Le choix entre SMILE et LASIK se fait donc au cas par cas, après analyse de l'astigmatisme en topographie.

La sécheresse après un SMILE dure-t-elle longtemps ?

Le plus souvent, la sécheresse après SMILE s'atténue en quelques semaines. Elle est en général moins durable qu'après un LASIK, car la technique SMILE préserve davantage les nerfs de la cornée. Des larmes artificielles suffisent dans la majorité des cas.

Peut-on faire un SMILE après un LASIK ?

Non. Une cornée déjà opérée par LASIK, avec un volet, ne se prête pas à un SMILE. Une éventuelle retouche après LASIK se fait par LASIK ou par PKR.

SMILE : les points à retenir

Le SMILE est une technique de chirurgie réfractive moderne, précise et peu invasive. En retirant un lenticule par une petite incision, il offre une correction stable de la myopie et de l'astigmatisme, avec une cornée plus solide et moins de sécheresse oculaire qu'un LASIK. Le LASIK garde cependant l'avantage pour l'hypermétropie, les astigmatismes complexes et la rapidité de récupération des premières heures.

Il n'existe donc pas de « meilleure » technique dans l'absolu : le SMILE et le LASIK sont complémentaires, et le bon choix dépend de vos yeux, de votre correction et de votre mode de vie. Vous souhaitez savoir si le SMILE ou le LASIK est fait pour vous ? Prenez rendez-vous pour un bilan de chirurgie réfractive.