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Le traitement du glaucome : comment ça marche ?

Le glaucome est une maladie silencieuse qui menace la vision. Découvrez comment les traitements modernes permettent de protéger durablement votre nerf optique.

Information médicale vérifiéeDr Mehdi Batras · Casablanca
Le traitement du glaucome : comment ça marche ?
MB
Dr Mehdi Batras — Ophtalmologue Casablanca
Juin 2026 · 10 min de lecture · Article patient

Le glaucome est une maladie chronique de l’œil qui endommage progressivement le nerf optique, le plus souvent à cause d’une pression intraoculaire trop élevée. C’est une maladie silencieuse : elle n’entraîne aucune douleur ni symptôme au début, mais peut conduire à une perte de vision irréversible si elle n’est pas traitée à temps. La bonne nouvelle : avec un traitement adapté et un suivi régulier, on peut stopper son évolution.

ComprendrePourquoi traiter le glaucome ?

Dans un œil sain, un liquide (l’humeur aqueuse) est produit puis évacué en permanence, maintenant une pression stable. Dans le glaucome, ce liquide s’évacue mal : la pression monte et comprime le nerf optique, qui transmet les images au cerveau. Les fibres nerveuses abîmées ne se régénèrent pas — d’où l’importance de traiter tôt. L’objectif du traitement est simple : faire baisser la pression de l’œil pour protéger le nerf optique et préserver la vision restante.

1ʳᵉ ligneLes collyres (gouttes)

Le traitement commence presque toujours par des collyres à instiller chaque jour. Plusieurs familles existent :

  • Les prostaglandines (latanoprost, travoprost, bimatoprost) : ce sont les plus efficaces, elles abaissent la pression de 28 à 33%. Une seule goutte par jour, de préférence le soir. C’est le traitement de première intention le plus courant.
  • Les bêtabloquants (timolol) : ils réduisent la production de liquide, 1 à 2 gouttes par jour. Très bien tolérés localement, mais à éviter en cas d’asthme ou de problèmes cardiaques.
  • Les alpha-2-agonistes (brimonidine) et inhibiteurs de l’anhydrase carbonique (dorzolamide, brinzolamide) : utilisés en deuxième intention ou en association.
  • Les inhibiteurs des Rho-kinases (nétarsudil) : la classe la plus récente, qui améliore l’évacuation du liquide.

Quand un seul collyre ne suffit pas, on peut en associer plusieurs, souvent sous forme de flacon combiné pour simplifier le traitement.

Le bon réflexeL’importance de l’observance

Le glaucome se traite tous les jours, à vie. Comme la maladie ne fait pas mal, on est parfois tenté d’oublier ou d’arrêter ses gouttes — c’est la principale cause d’aggravation. Instiller son collyre à heure fixe, fermer les yeux 1 à 2 minutes après l’instillation (cela double l’efficacité) et respecter scrupuleusement l’ordonnance sont essentiels pour protéger durablement votre vue.

2ᵉ optionLe laser SLT

Le laser SLT (trabéculoplastie sélective) est une alternative ou un complément aux collyres. En quelques minutes, indolore et en consultation, il améliore l’évacuation naturelle du liquide. Il est particulièrement intéressant quand les gouttes sont mal tolérées ou difficiles à prendre régulièrement. Son effet dure plusieurs années et le geste peut être répété.

Si nécessaireLa chirurgie

Lorsque les collyres et le laser ne suffisent plus à contrôler la pression, ou en cas de glaucome avancé, une chirurgie peut être proposée (trabéculectomie, sclérectomie profonde, ou pose de dispositifs de drainage). Ces interventions créent une nouvelle voie d’évacuation pour le liquide et permettent d’abaisser durablement la pression.

À retenirLe suivi, clé de la réussite

Le traitement du glaucome est personnalisé : il dépend du type de glaucome, du niveau de pression, de l’âge et de la tolérance de chaque patient. Un suivi régulier (mesure de la pression, champ visuel, OCT du nerf optique) permet de vérifier que la maladie est bien stabilisée et d’ajuster le traitement si besoin. Dépisté et traité à temps, le glaucome n’empêche pas de conserver une bonne vision toute sa vie.

Dr Mehdi Batras — Ophtalmologue à Casablanca, titulaire d’un DU de Glaucome. Un dépistage régulier après 40 ans est recommandé, surtout en cas d’antécédents familiaux. Prenez rendez-vous pour un bilan.